Origine et histoire du Musée du Château de Tournon
Le château de Tournon, situé sur un pic rocheux dominant le Rhône à Tournon-sur-Rhône (Ardèche), est un édifice majoritairement construit aux XVe et XVIe siècles, bien que des traces d’un premier château du Xe siècle subsistent. Il fut occupé par les seigneurs de Tournon jusqu’au XVIIe siècle, puis transformé en prison jusqu’en 1926. Depuis 1928, il abrite le musée du Rhône, dont les collections couvrent les beaux-arts, les arts décoratifs et le patrimoine technique rhodanien. Le château, l’un des mieux conservés d’Ardèche, est classé monument historique depuis 1927, 1938 et 1960.
Le site, à l’emplacement d’un ancien castrum gallo-romain, fut remanié aux XIVe et XVe siècles, puis agrandi au XVIe siècle avec des logis Renaissance, dont celui abritant aujourd’hui le musée. La tour Beauregard, construite entre 1560 et 1600, ainsi que les terrasses et la chapelle (abritant un triptyque de Jean Capassin) datent de cette période. Le château est lié à des figures historiques comme Saint Louis, François Ier et Henri II, qui y séjournèrent lors de leurs campagnes en Italie. François de Tournon, cardinal et conseiller des rois, y naquit en 1489.
Le musée, fondé en 1928 par Gustave Toursier et l’Union générale des Rhodaniens, rassemble des collections municipales et privées. Il met en valeur l’histoire rhodanienne à travers des maquettes de barrages, des objets de navigation, et des œuvres d’art du XVIe au XXe siècle. Parmi les pièces notables figurent le triptyque du XVIe siècle, des céramiques, et des reconstitutions comme la chambre d’Hélène de Tournon, inspirant une ode de Ronsard. Une borne milliaire, déplacée d’Arras-sur-Rhône en 1939, orne désormais la cour d’honneur.
Le château conserve également des éléments défensifs des XIIIe–XVe siècles, comme l’enceinte du bourg médiéval. Ses façades, toitures et intérieurs (hors logements modernes) sont protégés depuis 1927, tandis que les parties non classées ont été inscrites en 2023. Le site allie ainsi patrimoine architectural, mémoire historique et collections muséales, illustrant l’évolution d’une forteresse en lieu culturel.